18 février 1943. Jakob Schmid, gardien de l’université de Munich, arrive au rez-de-chaussée du Lichthof vers 11h15, une cour intérieure de l’université. Il remarque sur un des balcons deux étudiants, Sophie et Hans Scholl, en train de lancer des tracts. Ce sont des papiers contre le régime nazi.

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Jakob Schmid

Alors que Sophie et Hans tentent de sortir de l’établissement par les escaliers, au milieu d’autres étudiants, Jakob Schmid arrive à contre sens, et les contraints à remonter les escaliers en s’écriant: «Je vous arrête!». Il agrippe par le bras les deux étudiants et les emmène directement dans le bureau du directeur de l’université, Walther Wüst. Ce fervent nazi, membre des SS, qui put finir sa vie tranquillement à Munich en 1993, avec son salaire de professeur, pendant plus de 40 ans, n’est pas à l’université à ce moment là. Schmid les dirige alors vers le bureau du chef du syndicat, Ernst Haeffner, qui appele immédiatement la Gestapo.

 

Lorsque la Gestapo arrive sur les lieux, ils remercient Ernst Haeffner, qui leur dit alors: «il faut remercier Jakob Schmid», ce à quoi Schmid répond «je n’ai fait que mon devoir!».

 

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Sophie et Hans Scholl ainsi que Christoph Probst, le 24 juillet 1942

Sophie et Hans Scholl furent intérrogés par la Gestapo au palais des Wittelsbach, sur la Briennerstrasse à Munich pendant 3 jours, sans interruption, notamment par un certain Robert Mohr (qui ne dut lui non plus jamais répondre de ses actes après la guerre). Ils furent ensuite condamnés à mort par le célèbre juge Robert Freisler, et guillotinés à l’âge de 21 et 24 ans, le 22 février 1943.

 

Sophie et Hans Scholl sont les visages de la résistance en Allemagne. En 1942, « La Rose Blanche » (Die Weiße Rose), est créé à Munich, sous l’impulsion des deux étudiants. Les jeunesses hitlériennes, la propagande, l’absence d’esprit critique et la guerre les décident à lutter contre le national-socialisme et à défendre la démocratie par l’écrit. Avec des camarades, parmi lesquels Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d’un médecin de Munich), Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), Willi Graf (24 ans, catholique) ainsi que Traute Lafrenz, ils se mettent à distibuer des tracts contre le régime nazi.

En un an, ils en diffuseront 6. Hans Scholl et Alexander Schmorell rédigèrent les quatre premiers ; ils les envoyèrent par la poste fin juin 1942 à des intellectuels soigneusement choisis à Munich dans le but de sensibiliser ces derniers et qu’ils véhiculent ensuite l’information massivement. Puis, ils furent aidés par leur professeur de philosophie, Kurt Huber. Des milliers d’exemplaires furent imprimés et distribués à Munich, mais aussi à Augsbourg, Francfort, Stuttgart, Salzburg, Linz et Vienne. Jusqu’à ce fameux matin du 18 février 1943.

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Alexander
Schmorell
1917-1943
Hans Scholl
1918-1943
Sophie Scholl
1921-1943
Christoph Probst
1919-1943
Willi Graf
1918-1943
Kurt Huber
1893-1943

Tout le réseau fut démantelé et la plupart des membres condamnés à mort et décapités. Il est important de se souvenir de ces voix qui se sont dressées courageusement contre le régime nazi.

 

Sources :

http://resistanceallemande.online.fr/rose_blanche/la_rose_blanche.htm

http://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/lorsqu-une-rose-blanche-defia-le-nazisme-1942-1943/

 

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