On entend souvent cette théorie sans savoir vraiment la vérité : on prête à Hitler des origines juives, lui qui prônait tant la pureté de la race. Qu’en est-il vraiment?

Tout d’abord, il est intéressant de remarquer que le Führer, dans mein Kampf

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Hitler à Landsberg

(qu’il a écrit lors de son séjour à la prison de Landsberg en 1925), parle énormément de détails de sa vie, mais qu’il ne mentionne que très rarement sa famille. Pas de patronymes, il occulte presque l’existence de ses soeurs (on ne retrouve qu’une seule fois « nous, les enfants ») et son père ne devient qu’un « fonctionnaire consciencieux ». Aucun nom de jeune fille, de référence à ses grands-parents, rien. Peut-on y voir la volonté de cacher une origine dans ce pavé de plus de 700 pages?

L’arbre généalogique d’Adolf Hitler est le suivant :

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Pour la version officielle et légale, Adolf Hitler est le fils d’Aloïs Hitler et de Klara Pölzl. Jusqu’ici, tout va bien. De plus, il est le petit-fils de Johann Georg Hidler et de Maria Anna Schicklgruber d’une part, et de Johann Baptiste Plölz et de Johanna Hiedler d’autre part.

Et c’est là que ca ne va plus. Aloïs Hitler (père d’Adolf Hitler) n’est en fait pas rééllement le fils de Johann Georg Hidler (il était commun à l’époque qu’Hidler se transforme en Hitler). En effet, Aloïs est né en 1837 de père inconnu. Johann Georg Hidler et Maria Anna Schicklgruber ne se sont rencontrés que 5 ans plus tard, en 1842. Et Aloïs Hitler ne fut reconnu fils légitime de Georg Hidler qu’en 1876, alors que ce dernier était déjà mort depuis plus de 20 ans.

Mais qui est donc ce grand-père naturel inconnu?

Ce qui est certain, c’est qu’Hitler ne supporte pas que l’on cherche dans son passé. Ainsi, son neveu (fils du beau-frère d’Adolf), William Patrick Hitler, qui vit à Londres, s’intéresse à sa famille et à son oncle et fait des déclarations en 1931 à la presse anglaise sur le futur Führer.

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William Patrick Hitler

Des déclarations pourtant sans danger, mais qui mettent Adolf en rage. Ainsi, il convoque en urgence son neveu à Berlin. William Patrick décrira la scène par la suite : « Hitler gesticulait violemment des deux bras, ses cheveux pendant en désordre sur sa figure. « Ces gens m’ont posé des questions personnelles, à moi! Ma propre famille m’anéantit! Avec quelle prudence n’ai -je pas toujours tenu écartées de la presse ma personne et mes affaires personnelles! Les gens ne doivent pas savoir qui je suis […] ni de quelle famille je proviens. Même dans mon livre, je ne me suis pas permis un mot sur ces choses là. Pas un mot! Et maintenant, on découvre un neveu! Un neveu! On va faire des enquêtes! On va envoyer des limiers sur la piste de notre passé… » Puis Hitler se mit à sangloter, avant d’ajouter notamment : Je ne pourrais supporter que tout cela soit étalé et débattu ouvertement en public. Ce jour là, ça sera ma fin. Ce jour là je m’envoie une balle dans la tête. » Puis de conclure en ordonnant à son neveu de mentir à la presse et de déclarer s’être trompé et ne pas être le neveu du Führer.

On sent donc que le sujet est sensible chez Hitler. On comprend pourquoi : il a peur qu’on puisse découvrir qu’il a peut-être du sang juif. Difficile en effet d’être antisémite et de justifier les lois raciales si cela se confirmait. Hitler demanda donc une enquête discrète à son avocat, Hans Frank.

Et les mémoires de Hans Frank sont riches en information. On y apprend qu’il aurait eu accès à la correspondance entre la grand-mère d’Hitler et une certaine famille juive du nom de Frankenberger.

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Maria Anna Schicklgruber

Hans Frank assure qu’une certaine Schicklgruber  (nom de la grand-mère d’Hitler), née à Leonding, aurait été employée par cette famille lorsque le père d’Hitler naquit. Et que, depuis cette naissance, la grand-mère d’Hitler recevait chaque mois une pension alimentaire, et ce jusqu’aux 14 ans d’Aloïs Hitler. Cette notion de pension alimentaire était explicitement déclarée dans ces lettres. Quelle bombe si l’information s’avérait exacte. Le grand-père d’Hitler s’appellerait Frankenberger et serait juif.

Cependant, cette théorie peut être écartée. Tout d’abord, parce que Frank n’a jamais été en possession de cette correspondance, il n’y a donc aucune preuve de ce qu’il raconte. On n’a jamais retrouvé ces lettres. De plus, Frankenberger n’est pas un nom juif. Enfin, la Schicklgruber dont il est question n’était ici pas la grand-mère d’Hitler, car elle n’était pas née à Leonding mais à Strones.

Il existe une autre piste, plus sérieuse, du côté celle là de l’Autriche, et des différents chanceliers autrichiens. Ils auraient détenu, tour à tour, des dossiers compromettants à l’encontre des origines du Führer,  dans le but de faire éventuellement chanter Hitler. On y trouverait entre autres des preuves que la grand-mère d’Hitler aurait travaillé chez les Rothschild (grâce au système d’enregistrement des servantes de Vienne) dans la période qui nous intéresse. Cette piste est venue jusqu’à nous grâce à un ancien agent de la Gestapo, Hansjürgen Köhler, qui aurait eu sous les yeux les photocopies de ces documents. Or cette personne est digne de confiance. En effet, il avait déjà communiqué des informations très précises aux Alliés sur différents sujets qui se sont toutes avérées exactes. Pourquoi aurait-il donc menti sur ce sujet précis?

Cependant, rien ne prouve que la grand-mère d’Hitler ait eu une relation sexuelle avec un des membres de la famille Rothschild. On peut confirmer qu’elle a bien travaillé pour eux grâce aux archives de Vienne, mais elle aurait très bien pu avoir une relation avec un autre individu qui n’était en aucun cas lié aux Rothschild : un boulanger, un jardinier, etc.

Hitler, on le comprend, avait une peur inouïe que l’on puisse découvrir, preuves à l’appui que son grand-père était juif. C’est pourquoi, plongé dans sa paranoïa, il essaya de récupérer le moindre document, réel ou fictif, afin de les faire disparaître au plus vite. Il chargea notamment la Gestapo d’enquêter sur ces dossiers des chanceliers autrichiens. Il fit indirectement tuer des témoins gênants de l’enquête. Il essaya même de tuer son propre neveu qui échappa à la mort de justesse par deux fois. Hitler alla même jusqu’à faire détruire les villages autrichiens dont étaient originaires son père et sa grand-mère en les transformant en terrain d’entraînement pour l’artillerie lourde.

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Lieu de naissance de la grand-mère d’Hitler

La tombe de sa grand-mère fut pulvérisée par les bombes. Bref, le dictateur, pendant toute sa carrière politique, fut obnubilé par ce sujet qui le faisait entrer dans des accès de colère et de folie. Il essaya de tout faire pour enfouir ce passé flou afin qu’on ne pose pas de question à ce sujet.

En 2017, nous ne pouvons toujours pas affirmer ou infirmer le fait que le grand-père d’Hitler ait été juif ou non. On sait seulement qu’il y a une possibilité. Mais on ne saura certainement jamais percer ce mystère et cela restera un grand point d’interrogation sur l’arbre généalogique du Führer. Hitler, lui, continua de lutter contre ces juifs dont « le poison se répandait dans nos sang », et mis en place l’un des génocides les plus terribles de l’histoire de l’humanité.

Sources :

Les secrets du IIIème Reich, François Kersaudy, éditions Tempus.

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9alogie_d%27Adolf_Hitler

 

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