Cette découverte « nous fait profondément honte ». Ce sont les mots de la direction de l’Institut Max Planck de Munich. « Nous sommes choqués par ces découvertes de la Recherche menée sous le IIIème Reich ».

Nous sommes en 2016, dans le nord de Munich, où se trouvent désormais les sièges sociaux de Microsoft, Osram ou encore Samsung.

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Institut Max Planck

Il subsiste également un établissement spécialisé dans la psychiatrie : l’Institut Max Planck. Ouvert en 1917, ce Deutsche Forschungsanstalt für Psychiatrie (Institut de Recherche sur la Psychiatrie) avait besoin d’être rénové. Et quelle ne fut pas la surprise des travailleurs de tomber sur une collection d’une centaine de cerveaux humains. Mais à qui a bien pu appartenir cette macabre collection?

La réponse fut vite trouvée. Elle appartenait à  Julius Hallervorden, un célèbre neurologue du début du XXIème siècle qui découvrit notamment le syndrome de neurodégénerescence associée à la pantothénate kinase. Il est normal pour un neurologue de pouvoir étudier des cerveaux pour faire des recherches. Cependant, pourquoi en faire une collection? Et d’où viennent ces cerveaux? Une histoire assez difficile à lire ou écrire, comme toujours lorsqu’il s’agit de médecine nazie. Car oui, Hallervorden adhéra au parti nazi dès 1933. Ce fut le début d’une belle carrière.

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Julius Hallervorden

Hallervorden n’était pas un opportuniste. C’était un homme en accord total avec la doctrine nazie. Il croyait à l’eugénisme, à l’hygiène raciale, à l’élimination des faibles. Nommé à la tête du département de neuropathologie de l’institut en 1938, il fit ses expériences sur les cerveaux des prisonniers exécutés dans les camps de concentration. Son principal fournisseur de ces cerveaux, un certain Josef Mengele, officiant au camp d’Auschwitz. Il fut également l’un des principaux artisans de l’opération Aktion T4, visant à exterminer les handicapés physiques et mentaux à partir de 1940 et qui fit environ 80 000 morts.

La collection trouvée à Munich, n’est qu’une petite partie de ce qu’Hellervorden possédait. En effet, il fut célèbre pour détenir une collection de 700 cerveaux. Celle-ci, il l’obtint à l’institut de Berlin, grâce à l’opération T4 citée plus haut. Il préleva lui même parfois les cerveaux des cadavres. Femmes, enfants, vieillards, peu importe, tant qu’il pouvait étudier.

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Hallervorden au travail

Hallervorden, contrairement à son confrère Mengele, ne fut jamais inquiété après la guerre. Cité dans le procès des médecins à Nuremberg, il n’a jamais été traduit devant la justice. Pire, il fut récompensé pour son travail. Il reçut en 1956 l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne puis un doctorat honorifique en 1962. Heureusement, ce doctorat lui fut retiré…en 2017. Neurologue de renom, il fit des conférences à travers l’Europe après la guerre, et il mourut en 1965 à l’âge de 83 ans.

Entre 1939 et 1944, rien qu’à Berlin, 1179 cerveaux furent étudiés par Hallervorden et compères. Ils furent inhumés dans un cimetière de Munich.

Encore une histoire banale d’un monstre qui put finir ses jours en toute impunité. L’Institut se dit choqué. Il participe pourtant à l’omerta sur la médecine nazie en Allemagne. La majeure partie de la communauté médicale fut complice des nazis, et nombre de médecins participèrent à des expériences sur les prisonniers des camps de concentration. Et pourtant, la plupart d’entre eux purent reprendre leur activité après la guerre. Seuls 16 médecins furent reconnus coupables de crimes contre l’humanité au procès de Nuremberg.

Sources :

https://fr.sputniknews.com/societe/201609021027576712-nazi-cerveaux-allemagne/

https://de.wikipedia.org/wiki/Julius_Hallervorden

http://www.abendzeitung-muenchen.de/inhalt.archiv-im-max-planck-institut-euthanasie-gehirne-die-dunkle-seite-der-medizin.248f6737-085c-457a-9d23-b5dc981a5c9a.html

 

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