Herxheim am Berg. Un petit village de 800 habitants, 1200 ans de tradition. L’attraction principale? Une visite historique de l’église Saint Jakob, vieille de 1000 ans, et dont les fresques datent du 13ème siècle. Mais la vraie curiosité se situe un peu plus haut, au sommet du clocher: une magnifique cloche, imposante, pesant plusieurs tonnes et dont la phrase, «Alles fuer’s Vaterland – Adolf Hitler» qui signifie « Tout pour la patrie – Adolf Hitler », est agrémentée d’une jolie croix nazie.

C’est Sigrid Peters, l’organiste de l’église évangélique Saint-Jakob, qui a découvert par hasard cette cloche, qui rythmait le quotidien des villageois depuis les années 30. L’annonce de la « cloche d’Hitler » connut des réactions contrastées. Entre ceux qui voulaient la garder en arguant que personne ne savait qu’elle était nazie, et qu’il n’y avait donc eu aucun culte nazi autour de celle-ci, et ceux qui considèraient que sa place est dans un musée, le débat était permis.

Mais c’est le maire, Ronald Becker, qui a mis le feu aux poudres. Interrogé par l’ARD, il a déclaré: « il y a trois cloches de ce type en Allemagne, mais c’est la seule, ici, en Rhénanie-Palatinat. De cela, nous pouvons être fiers. Quand on cite le nom d’Adolf Hitler, on met en avant la persécution des juifs et la guerre. Il faut parler des choses dans leur intégralité, ce qui veut dire qu’il y a eu des atrocités mais aussi qu’[Hitler] a fait des choses qui nous servent encore aujourd’hui.

CLoche et Maire.PNG
Ronald Becker, fier de sa cloche

La diffusion du reportage a bien entendu provoqué l’indignation (presque) générale. Le président du Conseil central des juifs d’Allemagne s’est étonné qu’il y ait « encore des gens qui pensent du bien d’une telle cloche ». Face à la pression, le conseil municipal d’Herxheim, a réclamé la démission du maire, qui s’exécuta à contrecoeur. Pour sa défense, il déclara avoir repris déclarations d’une dame du village âgée de 95 ans. 

En revanche, le NPD, parti néo-nazi, a immédiatement décidé de manifester dans le village pour empêcher le retrait de la cloche. Une vingtaine de manifestants s’est réunie le samedi 9 septembre, tandis qu’une contre-manifestation de 200 personnes est venue s’opposer au cortège d’extrême-droite en scandant  » Non aux nazis ».

Pour que la situation ne dégénère pas, le conseil municipal a décidé de ne plus faire sonner la cloche, en attendant la décision de la remettre à un musée.

En attendant, Ronald Becker, a apparemment repris son activité professionnelle. Cet ingénieur en électricité va également s’occuper de sa famille qu’il avait, selon ses dires, un peu délaissée ces derniers temps. Il va cependant devoir répondre à la justice pour sa déclaration plus que controversée.

 

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